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» Homo sapiens sapiens, la 6ème arme d'extinction massive de la planète A force d'écouter les gens parler, je me rends compte à quel point l'avis de chacun et notre comportement pourrait changer si on se donnait la peine d'aller chercher l'information à sa source. Celle-ci existe mais faute de médiatisation personne ne s'en préoccupe. Il est vrai qu'il est réellement plus important pour nos concitoyens de connaitre la vie privée des personnalités que de savoir qu'ils sont responsables de la destruction de notre planète.
Comment expliquer ce phénomène ? Il ne faut pas se voiler la face, le responsable c'est l'Homme. Depuis son émergence il y a quelques milliers d'années, l'Homme révèle moins de sagesse que son nom taxonomique ne le suggère. Le phénomène se situe à différentes échelles. L'accroissement de la population mondiale, notre " besoin " irrésistible d'acheter le dernier meuble " Hi teck " vendu en promotion dans l'hypermarché du coin, l'incitation à la culture sur brulis des plus démunis dans les pays du Sud, la course au massacre d'espèces emblématique donnant au plus offrant la possibilité d'exhiber des trophées, une demande croissante de ressources pour la médecine traditionnelle en Asie. Les causes sont multiples et se renforcent mutuellement pour mener à la 6ème vague d'extinction massive que connait notre planète. En ce début de XXIème siècle, la première cause de disparition de la faune et de la flore, est la déforestation massive et à outrance à des fins économiques. Les Hommes sont de plus en plus nombreux et consomment de plus en plus. Au bois d'élevage respectueux de l'environnement, on préfère les meubles en bois rare (teck, acajou, palissandre, etc ), symbole d'une richesse matérialiste, aux produits sains, on préfère des " ingrédients " à moindre cout, pour lesquels on défriche chaque année des milliers d'hectares de forêts, mais qui n'apportent un bénéfice substantiel qu'a une infime minorité de personnes Mais se soucie-t-on des conséquences ? Pour tous ces hectares de forêt supprimés combien d'essences végétales disparaissent à jamais, combien d'animaux perdent leur milieu de vie ? Rappelons à juste titre que selon l'IUCN, 91% des plantes, 89% des oiseaux et 83% des mammifères menacés le sont à cause des activités humaines qui détruisent leur habitat L'un des fléaux pour la biodiversité au XXIème siècle porte un nom : la monoculture Que ce soit pour le soja en Amérique du Sud, ou le palmier à huile en Asie du Sud-Est, des milliers d'hectares sont dévastés laissant place à une terre stérile ou les animaux n'ont plus leur place. Une fois défrichées, les pluies tropicales lessivent totalement les sols, ne laissant que des terres argileuses impropres à la vie. Que dire alors des utilisations de ces produits bons-marchés ? Lorsque nous allons dans un magasin de grande distribution, nous préoccupons nous de savoir que non contents d'acheter plus d'emballages que de produits consommables, nous cautionnons directement la destruction du poumon de la Terre ? Car ce que beaucoup d'entre nous ignorent, ou choisissent d'ignorer, c'est que des ingrédients tels que l'huile de palme, l'huile de coprah ou encore le soja, sont utilisés en substitution de produits sains, à moindre coût (remplacement du sucre, du beurre par exemple). Beaucoup ignorent qu'en Amérique du Sud, des forêts entières ont été dévastées et remplacées par la culture de soja transgénique. Qui s'intéresse au fait que des paysages magnifiques d'Amérique centrale puissent être sacrifiés sur l'autel de la filière hamburger nord américaine ? Le constat est amer, il devient très difficile de trouver des articles épargnés par cette gangrène alimentaire. A une heure où certaines études laissent supposer qu'une consommation excessive en huile de palme favorise la production du " mauvais cholestérol ", vecteur de risques cardio-vasculaires, ne devrions-nous pas plutôt être prudents vis-à-vis de ce type de produits ? Ne devrions-nous pas laisser une chance pour nos enfants de vivre dans un monde où la beauté n'est pas une image glanée dans un livre ? Si on se fie au principe de précaution, nous ne devons pas oublier que ce principe renverse la charge de la preuve sur ceux qui attentent à l'environnement : c'est à ces derniers de démontrer qu'une activité donnée est compatible avec l'environnement, et pas aux protecteurs de la nature d'apporter la preuve que quelque chose de grave est en train de se passer Pour vulgariser l'idée, il revient à ces personnes qui utilisent ces substances d'apporter la preuve qu'il n'y a aucun risque à consommer ces produits et non aux protecteurs de l'environnement. Sans preuve de l'absence de nocivité de ces substances, il convient de s'abstenir de les consommer Chacun peut agir individuellement pour éviter cela.
N'encourageons plus la déforestation et le pillage des ressources naturelles.
Il suffit juste d'être plus attentifs, de s'informer et de bien savoir
ce que nous consommons
L'information ne viendra pas à vous, c'est
à vous d'aller la chercher ! L'enjeu est trop important pour laisser
les autres décider pour vous de l'avenir de notre planète
Sébastien Verdin, animateur pédagogique Le 27 mai 2008
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