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» Des biocarburants qui n'auront de bio que le nom A une époque où le prix du pétrole flambe de jours en jours, une petite réflexion s'impose sur la solution en devenir des " bios-carburants ". En effet, si on écoute attentivement ce qui pourrait se décider dans les prochaines années pour limiter les effets sur l'environnement de notre " indispensable véhicule ", on peut rapidement se rendre compte que l'avenir n'est pas des plus idylliques que ce soit pour notre planète et pour tous ses habitants non-humains Quelles solutions nous propose-t-on pour remplacer le pétrole aujourd'hui ? Diverses pistes existent, afin de substituer nos vieux moteurs par des alternatives plus " écologiques " : des prototypes de voitures solaires existent d'ores et déjà, la voiture électrique qui ne rejette aucun gaz polluant mais qu'il faut recharger tous les jours, la voiture à azote, les moteurs hybrides, à air comprimé, à hydrogène ou encore les bios-carburants. Voyons donc plus en détail ces différentes solutions La voiture solaire n'utilise que l'énergie solaire afin d'alimenter quatre petits moteurs directement reliés sur les roues. Il est également possible d'augmenter la performance de la voiture à l'aide de petites éoliennes pouvant accumuler plus d'énergie. L'inconvénient actuel de tels véhicules est le manque d'autonomie (à peu près 200km) et la vitesse relativement limitée de ces véhicules. La voiture électrique à pour avantage principal l'absence de bruit et l'absence d'émission de particules polluantes. Cette voiture convient particulièrement aux citadins qui ont besoin de faire uniquement des petits déplacements. L'inconvénient, c'est son manque d'autonomie. Il faut recharger la batterie (relativement lourde et encombrante d'ailleurs) tous les jours, en la connectant au secteur. Il existe des bornes spéciales en ville destinées au rechargement de la voiture mais on peut regretter leur nombre encore trop restreint. La voiture à azote est une voiture
propulsée grâce à de l'azote liquide, qui est converti en
gaz par la chaleur de l'air ambiant. L'azote liquide serait fabriqué
directement à partir de l'air ambiant et il ne faudrait que quelques
minutes pour faire le plein. Les voitures hybrides combinent l'utilisation de deux sources d'énergie distincts, généralement un moteur thermique et un moteur électrique. Le moteur électrique fonctionnant à l'aide de batteries qui se rechargent au freinage (par exemple), sa fonction est d'assister le moteur thermique et de le remplacer lors de petites vitesses. Cela permet au final d'optimiser la consommation de carburant et de polluer moins. Néanmoins un tel type d'équipement nécessite encore l'utilisation de carburant La voiture à air comprimé fonctionne sur le principe suivant : l'air, stocké dans un réservoir de 300 litres, est injecté dans un piston qui, sous l'effet de la pression (300 fois celle de l'atmosphère), actionne le moteur. Donc pas de pollution ni de bruit. Mais le rendement énergétique du système est encore inférieur à celui des voitures électriques et surtout, l'autonomie est limitée à 200 km. La voiture à Hydrogène fonctionne grâce à la réaction chimique entre l'oxygène et l'hydrogène permet de produire l'électricité nécessaire au fonctionnement du véhicule. Cette réaction produit de l'eau et des électrons, qui, captés par des électrodes, fabriquent de l'électricité utilisable pour le moteur. Enfin, le projet de remplacement le plus en vogue actuellement est celui du développement des bios-carburants. Il s'agit d'un carburant obtenu par extraction de l'huile de plantes oléagineuses (colza, tournesol, palmier, soja) et ajouté au gazole appelé le biogazole (en France il s'agit de la marque Diester), mais également un autre carburant produit via la fermentation des sucres des plantes céréalières, de la betterave et de la canne à sucre, le bioéthanol. Ce type d'énergie permet certes de diminuer de 75% la production de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie du carburant (production et utilisation, source IFEN) par rapport aux carburants actuellement utilisés mais ces " biocarburants " ne comportent pas que des avantages. Je me permettrai juste de citer un article écrit par Dominique Guillet, fondateur de l'association Kokopelli, une association qui comme nous s'inquiète de l'avenir de notre biodiversité. " Au Salon de l'Agriculture 2007, une partie du hall 2 s'était transformée en salon de l'automobile! Ils étaient tous là, Peugeot, Ford, Renault, etc. Avec des grosses planètes qui pendaient du plafond et des petites fleurs peintes sur les portières des voitures. Emouvant: ils clament haut et fort qu'ils vont sauver la planète avec l'éthanol et les huiles de colza! Mais derrière ce jeu sémantique, la réalité qui touche notre monde est bien différente Les carburants végétaux ne sont pas bios: ils sont issus de plantes cultivées avec toute l'artillerie lourde des intrants de l'agro-chimie et des pesticides. Les termes "biodiesel", "bioéthanol" et "biocarburants" sont passés en un temps record dans le langage commun, suite à un énorme matraquage publicitaire et médiatique. Ces carburants végétaux sont obtenus grâce à des processus d'extraction industrielle très complexes. Le terme "bio" signifie "vie". On voit difficilement ce qui permettrait à ces carburants végétaux de mériter le préfixe bio. Parle-t-on de bioblé, ou de biotomate ou de biomaïs? Les carburants végétaux
ne sont pas verts, ils seraient même plutôt rouges, de la couleur
du sang. Ils vont accroître l'immense tragédie de la sous-nutrition,
de la mort de faim, de la misère sociale, du déplacement des populations,
de la déforestation, de l'érosion des sols, de la désertification,
de la pénurie en eau, etc. Pourtant en dépit de ces belles
paroles le risque existe, réellement, autant au niveau humain que pour
notre biodiversité. Quelques chiffres existent et attestent de l'aspect
critique de cette situation : Tentons d'esquisser un bilan (provisoire)
de la centrale de Goldfield dans l'Iowa. Pour produire 1 litre d'éthanol,
il faut transformer 2,37 kilos de maïs, brûler 500 grammes de charbon
et utiliser 4 litres d'eau. En 2007, la journée mondiale
de l'eau, lancée par la FAO avait pour mot d'ordre: "Faire face
à la pénurie de l'eau". Cette journée mondiale de
l'eau est toujours l'occasion pour les grandes nations occidentales (qui exploitent
sans vergogne les pays pauvres et qui leur vendent des armements) de verser
quelques larmes de crocodile. Quelques larmes seulement: ne faut-il pas faire
face à la pénurie de l'eau? Quel est donc l'impact de cette course
à l'or vert sur nos écosystèmes ? En Asie, la course au pétrole
vert tourne à la catastrophe. Selon les Amis de la Terre "En Indonésie,
par exemple, le gouvernement prévoit de détruire 16,5 millions
d'hectares de forêt tropicale pour planter des palmiers à huile
! En Malaisie, ce sont 6 millions d'hectares. A Sumatra et Bornéo, quelques
4 millions d'hectares de forêts ont été convertis en plantations
de palmiers à huile. Même le fameux Parc National de Tanjung Puting
au Kalimantan a été mis en pièce par des planteurs. Des
milliers d'habitants de ces régions ont été expulsés
de leurs terres et près de 500 Indonésiens ont été
torturés lorsqu'ils tentèrent de résister. Toute la région
est en train de devenir un immense champ de "pétrole" végétal".
Pour le marché européen du "diesel végétal". Les multinationales "transgéniques"
sont en train de tester des variétés conçues spécifiquement
pour la production d'agro-carburants. Ainsi, Monsanto développe un maïs
uniquement destiné à la production de carburant végétal
dans un laboratoire détenu par Lockheed Martin. De même pour Syngenta
qui a mis au point un enzyme alpha-amilase exprimé dans le maïs
3272. Cet enzyme alpha-amilase est considéré comme un allergène
important. Si les gènes qui le synthétisent réussissent
à s'introduire dans la chaîne alimentaire, que va t-il se passer?
Se rappelle t-on des drames provoqués par le maïs starlink aux USA? Au Brésil, la canne à
sucre transgénique est dans l'air (saturé de round-up!) du temps.
La société "Centro para la Tecnología de la Caña"
(localisée à Piracicaba) a obtenu le 20 mars 2007, de la part
de la Commission de "Biosécurité", l'autorisation pour
des essais en plein champ d'une variété de canne à sucre
génétiquement modifiée. Cette variété serait
capable de produire 15 % de plus de sucre. Selon la compagnie Brésilienne,
cette variété a déjà fait l'objet de tests intensifs
en milieu confiné. La CTC attend l'aval pour deux autres variétés
chimériques. La CTC envisage de poursuivre ses tests intensifs en plein
champ pendant quelques années et d'introduire sur le marché ses
cannes à sucre chimériques en 2010. En Malaisie, les apprentis-sorciers
n'ont pas oublié le palmier à huile. Dans les pays tropicaux,
cet arbre est au diesel végétal ce que la canne à sucre
est à l'éthanol. En l'an 2000, ils annonçaient déjà
leurs premiers succès de transferts génétiques. Heureusement
que ce palmier n'est pas pressé de croître: les premiers palmiers
à huile chimériques ne seraient pas annoncés avant 2020. Plutôt que de laisser certains penser pour nous et investir dans la déchéance même de notre monde, ne serait-il pas judicieux d'exiger un réel changement, et un investissement vers le développement de vraies énergies propres ? Nous sommes malheureusement très
loin de pouvoir espérer atteindre cet idée, car chacun d'entre
nous par notre inaction et notre silence, nous acceptons la destruction de notre
Terre
Sébastien Verdin Le 30 avril 2008
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